Traduction française par Hugo Parker. Original en anglais. Article publié à l’origine le 2020-04-17 ; cette archive conserve les observations et références de son époque.
Publié à l’origine sur Event Manager Blog : lien
Si vous travaillez dans l’événementiel depuis suffisamment longtemps, vous remarquerez peut-être des similitudes frappantes entre la période précédant la crise financière de 2008 et l’urgence liée au coronavirus. Le secteur réagira-t-il de la même manière ou changera-t-il durablement ?
Dans notre secteur, nous partageons sans doute tous le besoin de parler d’autre chose que du coronavirus et de ses conséquences dévastatrices sur la vie des personnes et sur des pans entiers de l’économie.
Si vous avez perdu votre emploi, êtes en chômage temporaire, annulez vos événements ou restez simplement à la maison, l’un des exercices les plus utiles consiste à réfléchir à ce qui se passera après la crise.
Alors que la situation paraît extrêmement difficile un peu partout, la Chine et la Corée du Sud nous donnent l’espoir que l’urgence atteindra un pic avant de prendre fin.
Cet article ne cherche pas à prédire l’avenir de l’événementiel à court ou à long terme. Il s’intéresse à une ressemblance frappante entre la période qui a précédé l’urgence du coronavirus et celle d’avant la crise financière de 2008 : la manière dont le secteur réagira.
Si vous suivez les discussions du secteur, vous vous souviendrez qu’en 2008 sa grande préoccupation était la durabilité. La technologie figurait également en tête de liste, notamment les événements virtuels, perçus comme une occasion de transformer durablement le modèle économique de l’événementiel.
L’attention accordée à ces sujets était sans précédent. Un changement semblait imminent.
Puis la crise financière a frappé en 2008 et 2009. Des départements événementiels entiers ont disparu. Les événements ont été parmi les premières dépenses supprimées des budgets d’entreprise. Considéré comme un secteur « accessoire », notre métier a traversé l’une de ses crises les plus importantes des cinquante dernières années.
Les conséquences ont été dévastatrices et il a fallu plusieurs années pour se relever. Pendant ce temps, des sujets comme la durabilité des événements ont été totalement écartés. Ils n’ont repris de l’élan qu’au cours des deux ou trois dernières années, jusqu’à un sommet en 2019, lorsque le secteur vivait incontestablement l’une des périodes les plus enthousiasmantes de son histoire.
Comment ne pas voir les similitudes avec les mois précédant la crise actuelle ?
La durabilité était la grande tendance de l’année pour Event Manager Blog, en lien avec l’utilisation des outils virtuels. Le média anticipait leur développement comme un moyen de favoriser l’inclusion, mais aussi de réduire l’impact environnemental et d’éviter les déplacements inutiles.
Il est légitime de se demander quelle direction prendra la conversation lorsque l’activité habituelle reprendra. Comme en 2008, le secteur était sur le point d’opérer des transformations inédites qui auraient profondément changé les événements.
Que va-t-il se passer maintenant ?
Deux scénarios se présentent :
Nous privilégierons la reprise.
Le secteur cherchera à retrouver sa situation d’avant. Les entreprises panseront leurs plaies et tenteront de relancer leur croissance en suivant le modèle qui leur a réussi jusqu’en 2019.
Autrement dit, la reprise consistera à mobiliser toutes les ressources du marketing et des ventes pour recréer de la richesse.
Dans cette perspective, le changement aura peu de place et se retrouvera en bas de la liste des priorités.
C’est précisément ce qui s’est produit en 2008 et ce qui pourrait se reproduire après cette crise.
Nous changerons nos priorités.
L’impact du Covid-19 sur le monde est sans précédent. Beaucoup parlent d’un territoire inconnu. Certains pays déplorent mille morts par jour.
Le monde ne sera plus le même. La marque laissée par ce virus, qui emporte des générations entières, serait trop profonde pour revenir simplement à nos anciennes habitudes.
Il y aurait un avant et un après-coronavirus. Dans ce scénario, des enjeux comme le changement climatique ou l’égalité, pour n’en citer que deux, cesseraient d’être traités avec autant de superficialité : davantage comme des arguments marketing que comme des sujets essentiels de notre secteur qui méritent toute notre attention.
Ce scénario suppose un front plus uni et plus affirmé de professionnels qui veulent concevoir et produire les événements autrement. Le changement deviendrait inévitable.
Le secteur semble donc se trouver à la croisée des chemins.
Choisir la pilule bleue, c’est revenir à la normale : retrouver notre vie d’avant, ses grandes satisfactions personnelles et une préoccupation limitée pour le changement.
Choisir la pilule rouge, c’est prendre pleinement la mesure de l’urgence que nous traversons et dont les effets pourraient largement dépasser les ravages immédiats du virus.
Au-delà de cette référence à Matrix, les immenses souffrances provoquées par le Covid-19 obligent de nombreux secteurs, dont l’événementiel, à prendre des décisions majeures susceptibles de transformer leurs pratiques.
Quelle direction prendra notre secteur ? Réagirons-nous comme par le passé ? Notre manière d’organiser les événements changera-t-elle durablement ?
À vous de répondre.

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